La DS

Pour les connaisseurs comme pour les néophytes, il existe une copieuse littérature sur le sujet.ainsi que des sites Internet fort bien documentés.

Que pouvons nous ajouter ?

Nous nous contenterons modestement de rappeler les grandes lignes de l'histoire de la DS  et l'évolution de ses principales caractéristiques :

Histoire

Née en 1955, présentée au Salon de l'Auto au Grand Palais le 6 octobre, elle attira une foule immense et dès le premiers jour,12000 commandes furent prises sur le stand Citroën, pour un total de 80000 sur la durée du Salon. A faire littéralement halluciner un constructeur actuel...

Il faut dire qu'outre sa ligne inédite, elle présentait des innovations techniques extraordinaires : suspension oléopneumatique, direction assistée hydraulique, boîte de vitesses assistée à commande hydraulique, freinage assisté avec freins à disque à l'avant, pivot de direction dans l'axe des roues.

Ce fut un succès : la DS fut produite jusqu'en avril 1975 à raison de 1.455.746 exemplaires, toutes versions confondues, dont 1.330.755 en France dans l'usine de Javel ainsi que dans celle d'Aulnay sous Bois à partir de 1973.

Mais également à l'étranger : dans l'usine de Slough en Grande-Bretagne, en Belgique dans l'usine de Forest, au Portugal à Mangualde, en Afrique du Sud, en Australie, au Mexique, en Yougoslavie.

Le Style

Dessinée par Flaminio Bertoni, la DS a été une véritable révolution dans le style des voitures des années 50. Les qualificatifs d'Ovni, mais aussi d'oeuvre d'art  lui seront souvent attribués; elle obtiendra le Prix d'Art Industriel à la Triennale de Milan en 1957, présentée sous forme d'une statue verticale dénuée de roues, au dessous caréné, mettant en valeur la fluidité des lignes de la carrosserie.

DS 19 Triennale de Milan

Au cours des années, la version originale (photo ci-contre) subira toutefois deux évolutions majeures, qui, sans la dénaturer, la moderniseront au fil du temps :

- en septembre 1962 (modèle 63), la DS adopte un nouveau "nez" avec notamment des butoirs sur les pare-chocs avant, une modification de la jupe avant et des prises d'air sous les phares. (ci-contre photo d'un modèle 65 Pallas comportant des phares additionnels longue portée dits "phares boules")

 

- en août 1967 (modèle 68), un troisième "nez" voit le jour avec la disparition des ailes avant arrondies au profit d'ailes plates ainsi que l'apparition des 4 phares sous verre, dont deux longue portée tournants, en option ou en série suivant les versions.

Sur le plan des finitions, il faut retenir l'apparition en août 1964 (modèle 65) de la luxueuse finition Pallas, qui comporte nombre de baguettes en acier inox extérieures et intérieures, une peinture gris palladium, des moquettes plus épaisses, des dossiers de sièges avant plus haut, ainsi que des sièges et panneaux de portes en cuir (en option).

 

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Egalement le lancement de la DS Prestige en octobre 1958, version comportant une séparation vitrée avec le chauffeur et divers équipements dont un radio téléphone.

Elle sera livrable à partir de 1971 en version Pallas. Henri Chapron en proposera également des versions suréquipées à la demande.

Enfin, les fameuses DS dites "Administration" ou "Préfecture"; qui ont pour caractéristique d'être noires, y compris le pied milieu et le montant de custode.

 

Un autre élément important est l'évolution des tableaux de bord :

- sur les premières DS, de 1955 à 1961, le tableau de bord, dessiné par Flaminio Bertoni, très original, en forme de vague, est considéré comme une oeuvre d'art (photo ci-contre).

- en 1961, il évolue et se pare d'un revêtement guilloché sur la partie face au conducteur, tout en conservant la forme de vague; le bas du tableau est peint en gris clair

- fin 1968 (modèle 69), la vague est toujours présente, mais l'ensemble est noir mat et les boutons sont remplacés par des touches

.

 

- à la fin 1969 (modèle 70), la DS adopte un tout nouveau tableau, plus rectiligne, noir, avec trois gros cadrans circulaires face au conducteur, regoupant un compteur de vitesse, un compte tours et divers voyants dans le troisième cercle

La Mécanique

Sur le plan mécanique, il faut retenir :

- un moteur 3 paliers (issu de celui de la Traction) de 1911 cm3 et 75 cv sur la première version, porté à 83 cv en mars 61 

- l'apparition fin 1965 (modèle 66) de la DS 21 disposant d'un moteur 5 paliers dont la cylindrée est portée à 2175 cm3 et la puissance à 109 cv SAE, puis à 115 cv (106 DIN) en septembre 68 (modèle 69)

- en septembre 1968, le lancement de la DS 20, 103 cv, 1985 cm3, dont la puissance sera portée à 108 cv (99 DIN) en août 1971

- l'adjonction de l'injection électronique sur la DS 21 (modèle 70), portant la puissance à 125 cv (DIN)

- l'apparition en 1972 (modèle 73) de la DS 23, qui remplace la DS 21, dont la cylindrée est de 2340 cm3 et la puissance de 115 cv DIN, et de la DS 23 injection électroniqe portant la puissance à 130 cv DIN, qui remplace la DS21 injection.

Entre le premier modèle de 1955 et le dernier de 1973, la vitesse maxi sera passée de 140 à 188 kmh.

En ce qui concerne l'hydraulique, élément vital sur la DS, les premiers modèles sont livrés avec du liquide LHS (rouge), qui deviendra LHS 2 (incolore) en août 1964 (modèle 65) et enfin LHM (vert) de septembre 1966 (modèle 67) jusqu'à la fin. Le LHM vert, de nature minérale, sera beaucoup moins corrosif que le LHS. 

L'ID 

Face à la complexité de la DS, la clientèle traditionnelle fut un peu effrayée, d'autant plus que les premières DS livrées firent subir à leur propiétaires une série d'avaries, notamment des fuites du circuit hydraulique rendant du jour au lendemain la voiture inutilisable.

Pour conquérir une clientèle plus sage et moins avide de nouveauté, Citroën lança, au Salon de L'Auto d'octobre 1956, l'ID, version quelque peu dépouillée de la DS, à la fois sur le plan technique et sur le plan des finitions.

Son moteur, directement dérivé du moteur D de la Traction est un 1911 cm3 et délivre  66 cv.

L'ID n'avait pas de direction assistée, n'avait pas de boîte semi-automatique hydraulique, pas de freinage assisté ; la finition était plus simple, avec notamment une absence de revêtement intérieur sur le toit en fibre, le rendant translucide, un tableau de bord plus dépouillé etc..

Vendue 15% moins cher qu'une DS 19, elle séduit rapidement la clientèle, et, dans ses dfférentes versions, elle sera vendue à 835.666 exemplaires, soit plus de 57 % des ventes totales de la gamme D de 1955 à 1975.

Elle évoluera dans le temps, comme la DS :

- la puissance du moteur passera à 75 cv (70 DIN) et à 81 cv (74 DIN) en 65 et 66, puis en 1967, l'ID 19 adoptera le moteur 5 paliers comme la DS, la puissance passant à 78 cv (DIN) puis 81.5 cv en 1969.

- En 1969 sortira l'ID 20, développant 91 cv DIN (avec passage au liquide vert)

Les D Spécial et D Super

En 1970 l'appellation commerciale ID disparaît au profit des appellations D Spécial (entrée de gamme remplaçant l'ID 19 Luxe) et D Super (remplace l'ID20).

Le moteur de la D Spécial passera à 89 cv en 1972, puis 99 en 1973.

La D Super, développe 99 cv, puis, en 1973, est équipée du moteur de la DS 21 développant 106 cv DIN, accouplé à une boîte 5 vitesses, devenant la D Super 5.

En 1963 et 1968 elle sera, comme la DS redessinée et sera dotée, en 1968, des ailes avec phares carénés et directionnels en option.

Les Carrosseries dérivées

- en  octobre 58 fut lancé le break, qui se déclinera en ID familiale et commerciale, puis en ID 21 en septembre 65 ; la boîte hydraulique pourra être montée en option

- en octobre 1960, le cabriolet ID

- en février 1961  le cabriolet DS

- la collaboration avec le carrossier Henri Chapron permettra à celui-ci de fabriquer, outre les cabriolets pour le compte de Citroën jusqu'en 1971, un certain nombre de modèles spécifiques :

  • les cabriolets La Croisette, Le Caddy et Palm Beach
  • les coach Le Paris, Concorde et Léman
  • les berlines Majesty et Lorraine
  • le coupé Le Dandy
  • la DS présidentielle, livrée au Général de Gaulle en novembre 1968 (6.55 m de longueur, 2.13 m de large, 2260 kgs...)

- de nombreux carrossiers essaieront de réaliser des adaptations plus ou moins réussies sur base de DS ; citons Bossaert avec la GT 19, mais surtout les DS à vocation sportive dont les prototypes Barbero et Bob Neyret, ce dernier, particulièrement efficace, ayant été malencontreusement détruit lors d'une rencontre avec une camionnette de postier (!).

 

Pour en savoir davantage:

Nous ne pouvons citer ici tous les ouvrages ni tous les sites Internet existant (qu'ils nous pardonnent !), mais si vous voulez avoir une bonne vision globale, nous vous conseillons la lecture du livre d'Olivier de Serres "Citroën DS, Au Panthéon de l'Automobile", Editions Anthèse.

Nous vous recommandons également le site très complet "Le nuancier DS", qui au delà d'une description très précise des teintes de carrosseries et d'intérieurs, fourmille d'anecdotes sur la DS et de détails très intéressants.

Egalement un site  très bien documenté " ID DS Collection".

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