Centenaire La Ferté Vidame

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En ce jeudi 18 juillet le temps lourd ne donne guère envie de s’agiter.Toutefois depuis quelques jours déjà les équipes du Centenaire Citroën s’affairent pour transformer le parc du château de La Ferté-Vidame en un lieu consacré à un événement d’exception.

Le centenaire de notre marque préférée, qui a donné lieu à de nombreuses manifestations dans le monde entier  va trouver son point d’orgue avec ce « Rassemblement du Siècle » organisé par les collectionneurs et leurs organisations représentatives avec le soutien de L’Aventure Peugeot Citroën DS, qui gère et fait la promotion du patrimoine des trois marques.

Depuis deux ans déjà, le projet avait été préparé ; après quelques errements sur le choix du lieu, les négociations avec Michelin pour la location de leur circuit de Clermont-Ferrand n’ayant pas abouti, le centre d’essai historique de Citroën à La Ferté-Vidame fut finalement retenu. Bien que quelques objections (il y en a toujours….) se soient élevées quant à l’éloignement du site et au peu de ressources hôtelières, la légitimitéde ce centre, qui a vu s’effectuer les essais des mythiques Traction, 2CV, DS notamment, suffit à convaincre les plus réticents.

D’autant plus que l’espace disponible et la beauté des lieux, que certains d’entre nous avaient eu le plaisir de découvrir lors du 80e anniversaire de la Traction en 2014, venaient renforcer l’attractivité de ce site qui tint largement ses promesses le moment venu.

Après quelques élucubrations budgétaires, le chiffre cible de 4 000 participants, entendez 4 000 voitures inscrites, fut retenu. Le traiteur du dîner de gala fut sélectionné (celui du Jubilé de la DS en 2005 et des 60 ans en 2015), les animationssélectionnées, la logistique organisée. Et c’est ainsi que le 19 juillet au matin, les participants inscrits purent pénétrer avec leur Citroën ancienne dans le parc du Château, après quelques instants d’attente, un peu longs parfois, devant les inévitables contrôles.

Le programme qui les attendait en valait incontestablement la peine :

  • des conférences thématisées : (le sport automobile, l’histoire de Citroën, le marketing et la publicité à travers les années…)
  • de nombreux concerts de qualité
  • une cérémonie très prenante d’inauguration
  • un concours d’élégance
  • un dîner de gala
  • un feu d’artifice
  • une vente aux enchères d’objets inédits
  • une vente aux enchères de véhicules d’exception
  • un parcours sur une partie du circuit historique du centre technique et d’essais Citroën, avec possibilité pour le public d’embarquer dans une voiture de collectionneur préalablement inscrit.

Mais aussi arts de rue, démonstrations itinérantes, musée éphémère spécial centenaire, exposition de 50 véhicules de collection de 1919 à nos jours, la boutique des 100 ans, vente d’objets et souvenirs du centenaire, l’espace 100 pour les enfants, la brocante du centenaire, vente de pièces détachées…

Au total, après ces trois jours d’exception, les chiffres sont éloquents :

  • 21 831 billets vendus sur place et sur le site internet (pass 1 ou 3 jours).
  • 10 012 collectionneurs et leurs accompagnants présents 3 jours sur place.
  • 36 % de collectionneurs étrangers (Russie, Afrique du Sud, Etats-Unis, Canada, Mexique, Brésil, Chili, Argentine, Chine, Japon, Malaisie, Australie et Nouvelle-Zélande)
  • 503 exposants
  • 3 860 invités
  • 286 journalistes accrédités
  • et jusqu’à 376 bénévoles par jour

Mais les chiffres ne rendent pas compte de la véritable ferveur qui s’est emparée de toutes les personnes présentes, reflet de l’extraordinaire engouement des collectionneurs et du public pour Citroën.

Notre reportage photos, qui montre surtout les magnifiques voitures exposées dans le parc est plus éloquent qu’un long discours : la plupart, restaurées ou non, étaient dans un état exceptionnel, et certaines conservées « dans leur jus », précieux témoignage des temps passés ne laissaient pas de nous émouvoir.

La répartition par modèle interpelle également : plus de 1000 DS, près de 900 2CV, plus de 600 Tractions… de nombreuses GS et SM, sans compter les avant guerre, chaque modèle étant impeccablement regroupé dans des alignements presque parfaits…

Parmi les nombreuses animations proposées, le dîner de gala méritait d’y consacrer la soirée. Il a rassemblé près de 2 500 convives autour de mets de qualité et d’un service très efficace. Il a été suivi d’un feu d’artifice qui est venu couronner la soirée du samedi 20 et qui a été unanimement apprécié.

L’inauguration du samedi matin a été un moment fort, grâce à la présence d’Henri-Jacques Citroën, petit fils bien connu d’André Citroën, qui a prononcé un émouvant discours. Faute de place nous n’en reproduirons pas ici l’intégralité, mais quelques morceaux choisis : (voir la video intégrale du discours en cliquant ici)

« Si j’étais un chanteur, je dirais : Bonjour, La Ferté Vidame ! Je suis tenté de dire : Bonjour, Woodstock ! Le Woodstock de Citroën ! Bonjour, les fans, les admirateurs, les collectionneurs de Citroën ! Bonjour à vous tous qui maintenez la flamme allumée un jour par André Citroën, qu ne s’éteint pas, qui ne s’éteindra pas ! La Ferté-Vidame... La fierté Citroën ! »

« C’est le plus vaste rassemblement de passionnés d’une marque, jamais vu dans le monde, c’est le plus grand musée automobile à ciel ouvert de l’Histoire, certes éphémère mais bien réel. »

« 100 ans plus tard, les voitures Citroën sont partout. Il m’est impossible d’oublier mon nom quand je marche dans la rue. à la télévision, à la radio, mon nom résonne lors des interruptions publicitaires ! J’ai l’impression qu’on m’appelle tout le temps. »

Selon le journaliste Philippe Doucet, André Citroën est guidé par les trois vertus théologales définies par Saint-Paul : la foi, l’espérance, la charité. La foi dans l’humanité. L’espérance d’un monde meilleur pour tous. La charité, autrement dit l’amour de l’autre, la bienveillance envers l’autre, qui fait qu’il imagine la voiture comme un instrument qui facilitera la vie de ses concitoyens, qui les rapprochera. »

« Citroën, c’est la France ... »

La famille Citroën était d’ailleurs au grand complet, avec notamment un autre petit fils du fondateur, André de Saint Sauveur.

Mentionnons encore le concours d’élégance, animé par Olivier de Serres, au cours duquel une trentaine de voitures ont défilé… sous une pluie battante qui n’a toutefois pas découragé les nombreux spectateurs s’abritant tant bien que mal.

Le jury, dans lequel la famille Citroën était largement représentée par Anne Charlotte, Henri-Jacques, Charles- Henri et André de Saint Sauveur, a attribué les prix à :

  • La Citroën 2CV camionnette 1955 avec sa publicité « Gentiane Salers» de M. Patrice Lagrange qui a le plus marqué son époque
  • La Rosalie 15 coach SICAL 1933 de M. Eric Godefroy pour sa rareté
  • La DS 21 Rallye Londres Mexico 1970 de M. André Midol, la voiture d’intérêt sportif
  • La 10HP B12 1926 de M. Van Heesch pour son authenticité et l’état de conservation
  • La 10HP Type A 1919 de M. Daniel Stranart pour sa qualité de restauration.

Enfin il nous faut mentionner la vente aux enchères organisée le Dimanche par la maison Aguttes.

Le matin, la vente d’« Automobilia » montrait la bonne tenue des prix des diverses affiches, livres, anciens outils d’usine, etc., preuve de l’intérêt des acheteurs pour les pièces historiques authentiques relatives à la Marque.

L’après midi était réservé aux voitures : on notait la présence de quelques véhicules faiblement kilométrés tels une 2CV6 totalisant 9 kms et vendue... 66 420 € ! Egalement une C6 HDI de 13 kms vendue 53 220 €, une C3 Pluriel Charleston de 44 kms à 18 420 €... En ce qui concerne les SM, notons un bel exemplaire à carburateur appartenant à un collectionneur bien connu vendue plus de 52 000 €, une autre à injection à 47 000 €.

Quant aux DS, les résultats sont variables : une 23 Prestige de 1974 est partie à plus de 60 000 €, un cabriolet 21 de 1968 à 214 020 €, d’autres n’ont pas trouvé preneur, comme cette 23 ie affichant 27 000 kms d’origine.      

 Les prix des Avant-guerre étaient un peu à la traîne et celui des Traction dans la bonne moyenne, les 2CV arrivant en haut du palmarès avec 100 % des voitures proposées vendues, dont 60% à un prix supérieur à l’estimation des experts...

(n.b. : les prix indiqués ci-dessus incluent les frais de vente).

Une exposition présentée par le constructeur regroupait les modèles emblématiques de la Marque, à proximité d’une Tour Eiffel rappelant la formidable opération publicitaire d’André Citroën en 1925.

On pouvait y admirer les Type A, B10 et C6, les Traction / 2CV / DS ainsi que des Ami 6 et Ami 8, Méhari,GS, SM ou encore CX. Elle était complétée par les modèles plus récents que sont les Visa, Xantia, C6, Xsara Picasso et C4 Cactus. Les BX, et XM et C5 étaient absentes...

Les modèles sportifs ne manquaient pas : le Scarabée d’Or de 1922, la Petite Rosalie des records, la 2CV Tour du Monde, la C3 WRC de Sébastien Ogier, la ZX Grand Raid ou encore la C-Elysée WTCC.

Dans le « village » se trouvaient aussi des DS « coupé » de compétition et leur pilote de l’époque : Bob Neyret, bien connu pour ses nombreuses victoires en DS, notamment aux rallyes du Maroc 69 et 70.

Les organisateurs de leur côté avaient mis en place un musée éphémère.Le décor n’était franchement pas à la hauteur de l’enjeu mais il faut reconnaître que les voitures exposées valaient le détour:

  •  4 Citroën carrossées pour la Présidence de la République, en 1955 pour les 2 Traction 15/6 H (Franay pour la limousine fermée, Chapron pour la limousine cabriolet), puis la DS 1 PR 75 du Général de Gaulle et ses 6,53 m, et enfin l’une des 2 SM Présidentielles commandées à Chapron par Georges Pompidou.
  • les 2CV de pré-série retrouvées en 1994 dans un grenier de la ferme de La Ferté Vidame, elles avaient été dissimulées en 1940 lors de l’invasion allemande des modèles en état d’origine : une Rosalie 11 UB de 1937 jamais restaurée et première main, qui vient de sortir de grange, et une B2 de 1923 qui, avec 10 200 km, est peut-être la plus ancienne Citroën au monde en état d’origin
  • des prototypes de style dont la 2CV 2000, dont c’était la première apparition publique

Terminons avec l’attention particulière portée au Scarabée d’Or (1922) reconstruit, sous l’égide du Conservatoire, par les éléves de l’École Nationale Supérieur des Arts et Métiers (modélisation du Scarabée original exposé au Conservatoire Citroën, réalisation des plans), et le Lycée des métiers de l’Automobile et du Transport situé au Château d’Épluches, à Saint-Ouen l’Aumône, (construction de la carrosserie et du moteur).

Ce magnifique modèle a participé à La Croisière vers l'Ouest le 18 juillet 2019 en remontant les Champs-Élysées depuis la place de la Concorde vers le CCFA (Comité des Constructeurs Français Automobiles), place de l’Étoile, en direction de la Ferté-Vidame, avec à son bord Henri- Jacques Citroën.

« En cette année du centenaire de Citroën, la reconstruction du Scarabée d’Or prend une dimension toute particulière. C’est un projet comme André Citroën en avait le goût. Nous sommes fiers d’avoir soutenu et participé à cette nouvelle aventure, un projet pédagogique qui livre aujourd’hui une réplique plus vraie que nature de l’autochenille d’origine. Cent ans séparent les artisans de ces deux véhicules, la même passion les anime ! ... »

Linda Jackson, Directrice Générale Citroën

Alors que retenir de cette grandiose manifestation?

D’abord la qualité des voitures exposées, fruit du travail des collectionneurs et des artisans qui les entourent pour maintenir un patrimoine remarquable et perçu comme tel, bien avant que la Marque ne s’y intéresse vraiment, à l’exception des équipes bien connues de Jacques Wolgensinger, puis du Conservatoire Citroën créé en 2001. Ensuite, la ferveur et l’esprit de communion autour de la Marque Citroën et de son passé, en en faisant la marque la plus collectionnée au monde, au sein mais aussi en dehors du millier de clubs reconnus dans 39 pays par l’Amicale Citroën Internationale.

Également le soutien officiel de Citroën à la manifestation, dont les dirigeants, notamment Madame Linda Jackson étaient présents; la Marque disposait aussi de son propre espace réservé aux voitures modernes et à quelques voitures anciennes sélectionnées et a contribué significativement au budget de l’opération. Ses dirigeants ont bien compris le formidable levier de communication que constitue l’héritage (le Centenaire a eu des effets directs sur les ventes de l’année) et nous espérons que d’autres occasions se présenteront qu’elle saura exploiter.

  Sur l’aspect budgétaire d’ailleurs, nous n’avons pas à ce jour (mai 2020) de retour d’information.

Quoiqu'il en soit, retenons qu’il est toujours permis de nous faire rêver, comme l’a fait André Citroën en son temps, de même

que les organisateurs des grandes manifestations de collectionneurs qui ont marqué ces trente dernières années.

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